Une semaine à Rome – Jour 3

Rome Antique ! Nous voilà ! Ah que je suis heureux d’aller voir le Colisée ! Que je suis heureux d’aller me promener sur la colline du Palatin, dans les ruines antiques ! Heureux je vous dis ! Et je quitte l’hôtel et me dirige vers le métro, traînant mon amoureuse qui n’a pas la même sensibilité que moi aux ruines. C’est sans doute pour cela que je l’aime ! Attendez… Je crois que ce n’est pas un compliment en fin de compte… (je lui ai fait lire ce passage et contre toute attente elle n’a pas rigolé…)

Nous survivons à l’épreuve du métro (je vous raconterai un jour) et sortons à la station Colisée. Rendez-vous compte!, ce vieux bonhomme est là depuis presque 2000 ans!, et je suis tout ému et tout heureux à la fois!

Comme nous sommes des gens organisés, nous avons pris les entrées sur Internet ce qui nous garantit de ne pas faire la queue… Enfin, ça c’est la théorie…

A vrai dire, nous avons bien pris nos billets en ligne, avons payé 2 euros de plus par personne pour avoir ce fameux sésame, et n’avons eu qu’un code à montrer en caisse. Mauvaise manipulation de notre part ou site de merde, nous espérons néanmoins que comme nous avons déjà payé, ce code nous permettra – comme toute personne qui a ses billets – de ne pas passer à la caisse ou alors par une caisse spéciale. Et bien non…

Devant l’entrée de palatin et du forum, nous faisons la queue comme si nous n’avions rien payé… La file est longue, il y a un gros soleil qui tape fort, des gens qui veulent vendre des chapeaux et de l’eau. Nous attendons… Bien sûr ça embête tout le monde t’attendre… C’est naturel. Je fais alors le constat que le monde se divise en 2 types de personnes: ceux qui respectent l’ordre de la file, et ceux qui sont prêts à tout pour doubler.

Comme l’organisation est merdique deux queues se mélangent. Celle des gens qui vont à la caisse (nous) et ceux qui ont leurs billets (nous aussi mais ça compte pas hein). La 2e queue coupe à angle droit la première. Du coup des petits malins essaient d’en profiter pour doubler ceux restés derrière. Et là donc, 3 personnes nous passent devant. Le truc c’est qu’on est toujours dans le doute. Est-ce qu’ils étaient avec nous, est-ce qu’ils grugent ? Au comportement de mon amoureuse qui leur repasse devant, je crois bien qu’ils ont triché. Elle me dit de la suivre, je m’exécute mais un mec ne veut pas me laisser passer. Là, son ami lui dit de laisser faire et l’autre dit pourquoi ? Dans un parfait anglais, je lui réponds que parce qu’il est un tricheur mais il ne semble pas comprendre, les Italiens ont l’air aussi doué que nous en anglais.

Cette petite animation fait un peu passer le temps, mais pas beaucoup… Nous râlons et critiquons. Il n’y a aucune organisation, ils ont 20 ans de retard, c’est fou. Est-ce que c’est aussi compliqué que ça de foutre les codes barres dans un foutu mail et hop ça roule tout seul ? Je suis excédé… S’ils veulent, je leur code le truc pour le faire…

Nous finissons par entrer! A droite le Forum, à gauche le Palatin. Nous filons d’abord à gauche et commençons la faible ascension de la colline. Il y a des restes d’aqueduc, de palais, de thermes, il y a assez peu d’explications, très peu même. C’est difficile de se projeter sans explications ni plans. C’est étonnant si peu d’informations. Cela reste spectaculaire, mais cela donne surtout l’impression qu’on ne veut rien nous apprendre. Quand je vous dis qu’ils ont des années de retard…

Mais je ne vais pas bouder mon plaisir! Mon amoureuse me lit le guide, je visualise au mieux, je fais appelle à mes souvenirs, et puis je contextualise. Les formes des bâtiments s’élèvent dans ma tête, je vois des statues ici et là, celles de dieux oubliés, celles d’empereurs dont ils voulaient faire des dieux. Nous flânons, imaginons les fastes des palais, parlons de ce que nous savons, nos vieux cours d’Histoire, nos références télévisuelles. La veille nous parlions de Ben-Hur lors de la découverte du Cirque Maxence, là nous pensons à la série Rome, à la BD Murena aussi. Cela nous permet de mieux nous imprégner des lieux.

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Au sommet du Palatin, la vue sur Rome est incroyable! Sous nos pieds, les Forums que nous allons visiter ensuite, ce musée à ciel ouvert dont nous avons là une représentation précise avec ses temples, et puis tous ces touristes qui 2000 ans plus tôt auraient marché dans une ville majestueuse que nous avons sans doute un peu trop tendance à idéaliser. Car qu’est-ce que c’était la vie à Rome à cette époque? Une ville de puanteur? De violence? De grandeur? D’ouverture? Un peu de tout ça bien sûr. Une ville qui accueillait toutes les religions jusqu’à ce que ce fut interdit. Une ville dont la puissance rayonnait tout autour de la Méditerranée et dont on peine à croire qu’elle finit par s’écrouler, tellement elle semblait éveillée et sûre de sa force.

Nous nous rafraîchissons dès que nous pouvons, il y a des points d’eau un peu partout, de l’eau fraîche, c’est agréable. Ma peau a rougi, des coups de soleil s’y installent. Je n’ai pas été assez prévoyant…

Plan du Palatin et des Forums

Le Forum romain est un immense champs de ruines. Certaines sont particulièrement bien conservées, d’autres invitent à l’imagination! C’est aussi cela le plaisir d’un tel voyage! Tout est permis! Il y a le temple de Saturne, de Romulus, de Castor et Pollux, de César divinisé, et d’autres encore. Il y a la maison des Vestales, les Arcs de Septime Sévère et Titus, les Basiliques de Julia et Aemilia, et j’en oublie. Malgré la fatigue, être ici est un vieux rêve. Ma passion pour la mythologie (grecque en particulier) se réveille, je repense à ce livre de Jean-Pierre Vernant (éminent historien) que j’ai tant dévoré: L’Univers, les Dieux, les Hommes. Ma Bible à moi. Je pense à la création chez les Grecs, Gaïa la Terre issue du Chaos primitif, Béance. Je me refais le film. Quand tout n’était encore rien et quand c’est devenu que ça, et puis tout. Le temps est passé, il a fait son oeuvre, et le temps passe aussi à notre échelle, et il commence à faire faim. Nous quittons le Forum pour manger dans un petit fast-food, Cibus, conseillé par le guide et qui se trouve non loin de là.

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Nous avons faim, nous prenons chacun une salade géante à 10 euros. Manger frais, manger des fruits et des légumes nous fait le plus grand bien. Nous assoir aussi. Ça nous requinque. Nous en avons besoin. Car il est presque 15h et il nous reste le Colisée et le Marché de Trajan à visiter. Cela ne va pas être une mince affaire!

Cette fois, pour le Colisée, comme nous avons les billets (billet combiné, Forum, Palatin et Colisée), nous ne faisons pas la queue. Nous remontons la file de ceux qui n’ont pas payé (ou qui ont payé en ligne et qui n’ont eu qu’un fichu code…), et nous entrons rapidement après avoir passé un portique de sécurité.

Voilà! Nous y sommes! Le Colisée! Oh! Nous sommes encore qu’à l’intérieur, dans les couloirs! Nous prenons des escaliers, montons, ils sont raides les coquins! Nous voyons de la lumière, mes nombreuses heures à lire Sherlock Holmes me permettent d’en déduire que c’est le soleil…
Nous sommes désormais dans la tribune, au-dessus de l’arène. Sa capacité de 50 000 places est bluffante! Je regarde le nez en l’air, tout autour de moi. J’ai l’image dans la tête, celle qui m’avait frappé lorsque j’avais vu Gladiator pour la première fois au cinéma, un petit plan séquence fabuleux de Ridley Scott pour montrer l’incroyable taille et toute la foule présente.

Après la surprise, c’est un peu la déception. D’abord parce qu’on ne peut pas aller dans les tribunes, faut dire qu’elles n’existent presque plus, du coup on suit un couloir où tout le monde cherche une place pour une photo. On ne peut pas aller plus haut, peut-être avec un autre type de billet? On ne peut aller sur la piste non plus. D’ailleurs, de piste, il n’y a pratiquement plus rien, ils ont reconstitué pour qu’on se rende compte, mais le plus intéressant au final, c’est ce qu’on voit des sous-sols. Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir y aller! Les visiter! Voir à quoi ça ressemble! Comment tout cela était organisé! Mais non… Nous ne pourrons pas en voir plus. Hélas…

Attention! La visite est superbe! Mais au fond courte et très frustrante. C’est dommage… Nous traînons, nous imprégnons de la chose, pour en profiter le plus possible.

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Je suis épuisé mais j’ai envie de les voir ces fameux Marchés de Trajan! Alors nous y allons! Ce n’est pas très loin. Il faut longer les forums, y’a beaucoup de monde aujourd’hui et mon amoureuse, sûre de son sens de l’orientation nous fait prendre des petites rues et nous tombons sur l’entrée du marché.

On ne va pas se mentir, y’a pas foule aux marchés. Il semble ne pas attirer beaucoup de monde. Nous prenons les entrées, un vidéoguide (je m’en passerai), et nous commençons. Le principal intérêt de cette visite c’est que les Marchés de Trajan sont en excellent état. Nous marchons dans les allées, les boutiques, il y a de nombreuses œuvres, statues, sculptures, vases. Il y a beaucoup de choses à voir. Je regrette qu’ils n’aient pas fait des efforts de reconstitution pour voir à quoi ressemblait une boutique par exemple. Il n’y avait pas que des boutiques dans ce bâtiment, des bureaux administratifs s’y trouvaient aussi. Nous montons des escaliers, en descendons, en remontons… A cet instant, dès que je vois un siège, j’y pose mes fesses. Mes pieds me font très mal. La bonne nouvelle, c’est qu’il fait frais, les murs sont larges. Cela fait du bien. Nous arrivons dehors, un peu en hauteur, une belle vue sur Rome s’offre à nous. Nous sommes presque seuls, nous sommes bien, tellement bien (quand j’oublie mes pieds).

Les marchés datent du 2e siècle, et sont construits en hémicycle sur la colline du Quirinal. Tout en brique, il y a de nombreuses voûtes cylindriques magnifiques et en merveilleux état!

Oui, on entre dedans, on s’y balade, c’est superbe!

Ce qui est vraiment génial ici, c’est qu’on voit la taille des rues (celles pour les piétons, celles pour les calèches), et c’est la première fois à Rome, que les bâtiments et ruines antiques, nous permettent d’avoir une vision précise de la chose. Malgré la fatigue, le plaisir de la vieille pierre est toujours pressant. Et ces petits regrets qui remontent, ceux de l’époque de mes études, quand j’ai voulu faire ce mémoire sur l’antiquité grecque. J’y repense. C’était surtout sur Platon, Xénophon et pseudo-Aristote, sur l’organisation de l’économie chez les Grecs. L’économie au sens premier du terme, c’est à dire l’organisation et la gestion d’un domaine. Le regret est là, de ne pas avoir pu aller jusqu’au bout de ce mémoire, sombre histoire de travail à plein temps et de PC qui claque entre mes mains et qui me fait perdre la moitié de mon travail.

Nous ne sommes pas très loin du restaurant où nous avions mangé le premier soir. Alors nous y retournons. Au moins, nous savons que nous mangerons bien et pour pas cher, et avec de la bonne musique! Et en effet, nos attentes sont respectées!

Un joli immeuble à voir depuis les marchés de Trajan

2 comments On Une semaine à Rome – Jour 3

  • je n’imaginais pas l’intérieur du Colisée comme ça..je me souviens de l’incroyable acoustique des théâtres antiques en Grèce (une pièce qu’on fait teinter dans une poche de pantalon tout en bas s’entend tout en haut des gradins)

    • Oui, c’est surprenant l’intérieur! Plus de tribune…
      Tiens, d’ailleurs, ça me fait penser que je n’ai pas vu de théâtre ou d’amphithéâtre à Rome…

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