New York: voir les Knicks et mourir…

Derrière ce titre à la dramaturgie évidente se cache une anecdote qui fera date dans ma petite vie. Pour bien comprendre ce que j’ai vécu ce jour-là, je dois vous raconter un peu ma vie d’adolescent…

Le basket, ma vie, ma passion

Quand j’étais môme, j’avais une passion infinie pour le basket! Ce sport occupait la plupart de mes pensées, bien plus que les filles, même si j’y pensais quand même un peu. Je respirais basket, je rêvais basket. Charles Barkley, Michael Jordan, Magic Johnson étaient mes modèles. Avec ma taille moyenne de petit blanc moyen, je m’identifiais totalement à ces magnifiques et grands noirs (ou afro-américains si je veux être politiquement correct). Je répétais leurs gestes, lisais tous les articles possibles sur eux dans les magazines que je pouvais m’acheter, y laissant en général mon argent de poche. Des posters de ces géants trônaient fièrement dans ma chambre, et ma petite collection de cartes de Basket Upper Deck faisait ma fierté à chaque fois que je montrais les cartes introuvables de Jordan. J’avais même écrit une rédaction sur Magic Johnson pour y expliquer pourquoi je l’admirais.

Du coup, les Etats-Unis m’ont très vite fasciné. L’histoire de ces hommes s’inscrivait parfois dans la grande Histoire. Barkley parlait du racisme dans le sud des Etats-Unis, qu’à l’université il était adulé par des gens le samedi qui paradaient pour le Ku Klux Klan le lendemain. Du coup, ces hommes ont aussi contribué à me faire apprécier l’histoire, celle des Etats-Unis, et en particulier la lutte pour les droits civiques. Leur impact sur ma vie est indéniable. Mon admiration pour eux, infinie.

Mon premier match NBA

Aller à New York était évidemment un rêve. Pas seulement à cause du basket, mais aussi grâce au cinéma, de Woody Allen et Martin Scorsese qui savaient parler de leur ville préférée chacun à leurs façons. Du coup, quand j’ai préparé mon voyage, voir les New York Knicks jouer au Madison Square Garden s’est imposé comme une évidence. Manque de chance, le seul match lorsque j’étais sur place se jouait contre Cleveland. Tant pis, j’y suis quand même allé…

Et je n’ai pas été déçu! Si le match n’était pas exceptionnel (mais le retour des Knicks en fin de match pour finalement s’imposer a permis à la salle de se faire entendre), l’ambiance générale était superbe. C’est un vrai spectacle auquel on assiste, tout est fait pour spectaculariser le basket. On ne vient pas voir seulement un match, mais surtout un show. On aime ou on n’aime pas (je suis très critique vis à vis de cette approche), mais c’est quand même une chouette expérience.

Mais le clou du spectacle a été la présence dans les tribunes d’un homme inattendu. Au premier rang, tout en bas, je pouvais l’apercevoir: Magic Johnson. Quand il est passé à l’écran, toute la salle, d’un seul homme, s’est levée pour applaudir cet immense personnage. Sa vie, son oeuvre, son combat, tout me revenait à l’esprit. Des frissons parcouraient mon corps, les larmes montaient à mes yeux, ce sentiment de pur bonheur me procurait une impression de devoir accompli: j’avais vu, certes de loin, Magic Johnson!

Ce grand bonhomme au sourire communicatif, ce titan qui avait su moderniser le basket et en faire un sport attractif et spectaculaire, cet homme séropositif qui avait combattu la maladie, se tenait là à quelques mètres de moi, souriant, debout, saluant la salle, cette même salle où il avait tant brillé et où il avait été tant détesté. Et pourtant, ce soir là, les gens pouvaient seulement admettre que Magic était au-dessus du lot.

A la mi-temps, il se tenait debout au bord du terrain, entouré de personnes qui devaient sans doute lui dire combien c’est un mec génial, que sa joie de vivre est communicative. Je rêve de lui deux mots, de lui parler de ma rédaction, que sa prestation aux Jeux Olympiques de Barcelone avait été exemplaire, qu’il m’avait appris à ne pas s’apitoyer et à continuer à se battre, en toutes circonstances. J’imagine notre conversation tandis qu’il se laisse prendre en photo par des gosses de riches qui ont leurs entrées au premier rang du Madison Square Garden.

Je rentre à pied à mon hôtel, traverse une ville illuminée, fraîche, humide, de la vapeur sort des bouches d’égouts, je traverse Time Square, putain que je suis heureux!

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