Calvin et Hobbes, une BD humaniste

Calvin et Hobbes fait partie de ces grandes bandes-dessinées humoristiques qui ont marqué leur époque et qui continuent à s’imposer des années plus comme des références absolues. Il n’y a guère mieux que Calvin et Hobbes, et sans doute faut-il regarder du côté des Peanuts, pour y voir peut-être une oeuvre encore plus riche. Néanmoins, histoire d’éviter tout débat stérile, il me semble difficile de comparer une œuvre qui s’écoula sur cinquante années (Peanuts) et une autre « seulement » sur dix ans.

Calvin et Hobbes relate l’histoire d’un petit garçon de 6 ans (Calvin) qui imagine que son meilleur ami – une peluche – est un tigre vivant (Hobbes). Les voilà alors partis pour vivre des aventures toutes plus folles les unes que les autres, ici traversant le temps pour revenir à l’époque des dinosaures, là voyageant dans l’espace. Ils délirent, stimulés par l’imagination d’un petit garçon débordant d’énergie. Calvin et Hobbes, c’est tout simplement le récit d’un enfant et de sa peluche qui fuient la réalité. Calvin ne comprend rien aux adultes et à leur univers, il ne comprend pas pourquoi il doit aller à l’école, pourquoi il doit faire ses devoirs, pourquoi la Terre a été polluée par les adultes (et pourquoi ils continuent), et surtout pourquoi on lui impose un système qu’il n’a pas choisi. Un système qui a des limites, limites qu’il cherche à repousser indéfiniment.

Derrière la portée humoristique de l’oeuvre du génial Bill Watterson, se cache une réelle satire de la société occidentale avec des strips s’attaquant directement à la société de consommation, à ceux qui passent leur vie à regarder la télé, à ceux qui se plaignent que rien ne se passe durant leur existence alors qu’ils ne font rien pour y changer quoique ce soit… Watterson s’attaque à tout le monde, et d’abord à lui-même.

Bill Watterson, l’homme qui a créé Calvin et Hobbes

C’est alors qu’il travaille dans la publicité que Bill Watterson profite de son temps libre pour commencer à dessiner les aventures du petit Calvin accompagné de son tigre Hobbes.

En 1985, Calvin et Hobbes connaissent leur première publication dans un seul quotidien. Le succès est au rendez-vous et début 1986, 130 journaux publient le travail de Bill Watterson.

Fin de la même année, ce sont 350 journaux qui s’arrachent les services de l’auteur. Cette même année, il reçoit le Reuben Award qui est un peu l’équivalent américain du Grand Prix de la ville d’Angoulême. En 1988, il en gagne un second tandis que 600 journaux le publient. En 1991, ce ne sont pas moins de 1800 journaux qui publient la série. En outre, il reçoit un premier prix au Salon International du Comic de Barcelone. Toujours en 1991, la France voit l’arrivée du premier album de Calvin et Hobbes. L’année suivante, Angoulême, la ville de la BD décerne l’Alph’Art du meilleur album étranger, à En avant tête de thon.

En tout, ce sont jusqu’à 2400 journaux qui publient Calvin et Hobbes partout dans le monde.

Soucieux de contrôler entièrement son oeuvre, mais aussi ne voulant pas que Calvin et Hobbes soient victimes du marchandising dont ont été victimes les Peanuts, il entre en guerre avec son éditeur pour que Calvin et Hobbes ne connaissent pas les foudres de l’ « objectisation ». Pas de tee-shirts, pas de jouets, pas de peluches. Watterson veut protéger son œuvre et ne pas la laisser entre les mains de financiers sans scrupules. Il aura gain de cause et obtiendra le contrôle total de son oeuvre (ce qui dans le monde de l’édition US est très rare, le droit d’auteur est favorable au financier).

C’est aussi l’occasion pour lui d’être en accord avec ce qu’il raconte dans son comic-strip dans lequel il n’hésite pas, par exemple, à égratigner le capitalisme.

– Si seulement mon t-shirt avait un logo ou un produit dessus.
– Un bon t-shirt te transforme en panneau publicitaire !
– Il dit au monde : « Mon identité est enveloppée dans ce que j’achète, je paie une entreprise pour afficher ses produits ! »
– Tu admets ça? – Bien entendu. Adopter un produit est la façon américaine d’exprimer l’individualité.

Watterson est un artiste engagé. Sa bande-dessinée est son média, un instrument politique, une satire de la société. Il ne s’agit pas de faire systématiquement rire (tout comme Peanuts), il s’agit de provoquer une émotion : que ce soit de la joie, de la tristesse, de la peur, de la colère, de la surprise ou du dégoût, le but est de faire réagir.

En 1995, en pleine apogée, Bill Watterson arrête sa série après dix ans de bons et loyaux services. Il pense qu’il a fait le tour de ses personnages et de ce qu’il avait à leur faire dire. Plutôt que de faire les strips de trop, il préfère s’arrêter en pleine gloire. En France, il aura fallu attendre jusqu’à 2005 pour avoir enfin l’intégralité de l’œuvre de Bill Watterson.

– Aide-moi à me débarrasser de ce fichu hoquet ! – Comment ?
– Fais-moi peur. – OK…
– Nos océans sont remplis d’ordures, nous avons créé un trou dans la couche d’ozone qui brûle notre planète, les déchets nucléaires s’entassent sans aucun moyen de les traiter…
– Je veux dire, surprends-moi. – Ça ne te surprend pas ? Quel cynique.

Calvin et Hobbes : l’humour comme fer de lance

Watterson sait manier l’humour avec talent. Du simple gag visuel en passant par la satire, le jeu de mot, la situation décalée, l’auteur crée avec l’aide de ses personnages un univers réaliste et familier. Qui n’a jamais parlé à ses peluches quand il était enfant ? Qui n’a jamais imaginé revenir dans le passé, voyager dans l’espace ? Calvin fait tout cela, il est le petit garçon universel. Il peut être adorable, mais aussi complètement imprévisible, à la limite fou, égocentrique, mégalomane, psychotique… Calvin est la représentation même de l’humain, souvent mal conscient de ce qui se déroule autour de lui. Ou en tout cas, pas suffisamment pour déclencher chez lui une réaction de révolte.

C’est par l’humour et l’absurde que Watterson inflige sa critique de l’humanité. Watterson humaniste ? Sans doute, mais Watterson, homme de son temps avant tout. Adulte cloisonné dans son enfance, Watterson raconte la vie quotidienne d’un gosse de 6 ans et les déboires qui s’en suivent : les sorties du lit difficiles pour aller à l’école, les contrôles où on n’a pas appris la leçon, les passages au tableau alors qu’on ne connaît pas la réponse, les retours après l’école toujours plus heureux que jamais, les goûters, les devoirs, les couchers qu’on estime toujours trop tôt, prendre le bain alors qu’on n’en a pas envie, regarder la télé plutôt que s’amuser dehors quand il fait beau… Bref, Watterson touche à toutes les situations et nous fait rire, sourire, réfléchir à chaque strip.

Une école qui nuit à la créativité…

Watterson nous fait prendre du recul sur les choses. Il déconstruit l’école, place Calvin dans des situations inconfortables, le fait sortir du cadre, et est souvent convoqué chez le directeur pour être justement recadré. L’école cherche à créer des êtres humains similaires quand elle devrait aider à développer les individualités.

Bil Watterson n’a d’ailleurs pas aimé l’école et reproduit chez Calvin ses angoisses et ses questionnements d’alors. Mais avec le regard de l’adulte qu’il est lorsqu’il écrit ses strips, il relève que non seulement l’école a ses limites, mais qu’elle nuit à l’émancipation de nombreux enfants. À l’école, Calvin ne se sociabilise pas, il s’ennuie, retient peu d’informations, il est sans arrêt contraint. Contraint, et surtout jamais dans une position critique. L’enfant-élève doit se plier à ce qu’on lui dit, il est formaté. Sa pensée est fabriquée, contrariée, limitée.

– C’est une très grande perte de mon temps !
– Aidez-moi ! C’est la police de la pensée !

Pire, il aime à rappeler que l’apprentissage tel qu’il est pensé ne cherche pas à développer les aptitudes des enfants, mais à les tester sur leur capacité à restituer une information à un temps donné. Les scènes à l’école montrent ainsi l’absurde d’un système qui impose la connaissance sans jamais la proposer. Il faut retenir une information plutôt que la comprendre.

– Répondez : 1. Quand les premiers pèlerins sont-ils arrivés à Plymouth Rock ?
– 1620.
– Comme vous pouvez le voir, j’ai mémorisé cette information complètement inutile suffisamment longtemps pour répondre à cette question. Je vais maintenant l’oublier pour toujours. Vous ne m’avez rien appris sinon comment manipulé avec cynisme le système. Félicitations.
– Ils disent que la satisfaction d’enseigner compense leurs faibles salaires.

… d’un enfant créatif.

Les strips sur l’école sont les plus emblématiques de sa critique du système. L’école nuit à la créativité de Calvin. Cette dernière s’exprime alors dans ses jeux (la Calvinball, jeu où il n’y a pas de règles, sinon celles que l’on imagine), mais aussi dans ses balades en forêt.

– Les jeux des autres enfants sont tellement ennuyeux ! Ils ont des règles, ils tiennent des scores ! La Calvinball est tellement mieux ! Ce n’est jamais la même chose ! C’est toujours bizarre ! Tu n’as pas besoin d’équipe ou d’arbitre ! Tu sais que c’est génial car ce jeu porte mon nom ! Si tu veux…
– Hum, sens-toi libre de faire les tams-tams avec Hobbes. – C’était une erreur.

Calvin est un enfant qui joue beaucoup, qui s’imagine de nombreux scénarios. Il est finalement assez proche de Snoopy qui était le seul personnage des Peanuts qui sortait du cadre de la petite banlieue pour vivre des aventures extraordinaires. Calvin fait de même, toujours accompagné de son fidèle compagnon Hobbes.

Ils voyagent dans le temps, croisent des dinosaures, se clonent pour ne pas aller à l’école, vivent un remake de Christine de Stephen King avec un vélo agressif…

Mais là où peut-être, Calvin s’exprime le plus, c’est dans la neige. Ce matériaux brut permet à Calvin d’être créatif au possible et finalement d’être libre. C’est aussi l’occasion pour le dessinateur de s’amuser et de réaliser des dessins extrêmement bien composés, créatifs, qui là-aussi sortent du cadre habituel des comic-strips. D’ailleurs, Bill Watterson n’aura de cesse de toujours aller plus loin dans sa créativité graphique, ce qui le différencie radicalement de Charles Schulz.

– D’abord ils me disent de sortir, ensuite de rentrer.
– Je ne crois pas que l’école donne assez de devoirs.
– Tu n’aimes pas mon musée des horreurs de bonhommes de neige, hein?

La force de Bill Watterson est qu’il a su constamment se renouveler et produire une quantité phénoménale de gags très courts sans jamais donner l’impression d’être à court d’imagination (ce qui est faux quand on sait combien Watterson a souffert pour produire tous ces gags). Ainsi, tout au long de ses albums, Watterson crée des sketchs hilarants sur les bagarres de boules de neige ou sur les bonshommes de neige (des thèmes dont Watterson use pourtant sans tourner en rond) mais aussi pour nous concocter quelques belles réflexions sur la vie, le travail, l’intelligence… Bref, pour philosopher.

Une oeuvre philosophique

Philosopher, c’est poser des questions, ne pas accepter pour acquis ce qui nous est dit. Socrate disait : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien ». Cette citation, fondatrice de la philosophie (occidentale), s’applique aussi chez Calvin et Hobbes. Remettre en question ce qui est appris (école) ou admis (Dieu, Père Noël) est une première façon de philosopher.

– Toute cette chose autour du Père Noël n’a pas de sens.
– Pourquoi tous ces secrets ? Pourquoi tous ces mystères ? Si le mec existe, pourquoi il ne se montre jamais pour le prouver ?
– Et s’il n’existe pas, qu’est-ce que tout cela signifie ?
– Je sais pas… Ce n’est pas une fête religieuse ? – Ouais, mais à vrai dire, je me pose les mêmes questions à propos de Dieu.

La remise en question de la croyance est un questionnement philosophique essentiel qui a toute sa place dans une oeuvre qui questionne constamment. La métaphysique chez Bill Watterson s’insinue dans de nombreux strips pour questionner sur le monde qui nous entoure. À quoi sert l’école ? Qu’est-ce que l’éducation (Rousseau) ? Jusqu’à même questionner le surhomme si cher à Nietzsche (comme nous le verrons ci-dessous).

L’une des questions fondamentales de la philosophie est sans nul doute le sens de la mort. Pourquoi meurt-on ? Dans Calvin et Hobbes, Bill Watterson interroge sur la mort à travers le récit d’un raton-laveur trouvé par les protagonistes lors d’une balade en forêt.

– Maman dit que la mort est aussi naturelle que la naissance et que cela fait partie du cycle de la vie.
– Elle dit que nous ne le comprenons pas vraiment, mais il y a beaucoup de choses qu’on ne comprend pas. Nous devons faire au mieux avec les connaissances que nous avons.
– Je suppose que ça a du sens.
– Mais… ne va nul part hein. – Ne t’inquiète pas.

Watterson s’interroge sur la mort, mais aussi sur la place de l’homme dans la nature. Bande-dessinée résolument écologique, Watterson place ses personnages en victime. Elle est une génération qui hérite d’un monde où la nature a été oubliée, souillée.

Ce retour à la terre dans une Amérique des années 80 est presque avant-gardiste dans une société matérialiste et de surconsommation. Un des thèmes récurrents dans l’œuvre de Watterson est d’ailleurs le problème de l’environnement, la destruction des zones naturelles, l’œuvre de l’homme sur les forêts…

Hobbes, qui tire son nom du célèbre philosophe matérialiste Thomas Hobbes, est un personnage raisonnable. Souvent observateur, il ramène un peu de raison face à l’absurdité de la réalité dans laquelle évolue Calvin. Je n’irai pas jusqu’à dire que Watterson est un auteur matérialiste, mais tout porte à croire en tout cas qu’il s’inscrit dans un certain pragmatisme.

– Regarde ! J’ai attrapé un papillon !
– Si les gens pouvaient enfermer les arcs-en-ciel dans des zoos, ils le feraient.

Calvin, lui, tire son nom de Jean Calvin, réformateur dont la doctrine repose essentiellement sur le principe de la souveraineté de Dieu. Dieu est au centre de tout, Dieu dirige tout.

Deux idéologies s’opposent d’entrée. Chez Hobbes, l’esprit n’a pas sa place, tout n’est que matière, l’âme n’existe pas. Chez Calvin, tout est lié à Dieu, tout est expliqué à travers Dieu. Cette dichotomie se retrouve dans certains strips de Watterson où Calvin, à travers son imagination, contrôle tout ou presque (il est son propre Dieu). Calvin est libéré lorsqu’il se perd dans sa pensée, il est étriqué dans la réalité. La réalité, c’est un monde absurde où l’humain détruit la planète, pollue, où les adultes envoient les enfants à l’école, les stressant, les empêchant de s’exprimer comme bon leur semble.

L’enfance au cœur de l’oeuvre

Ainsi, Calvin et Hobbes fait partie de ces BD qui parlent de l’enfance avec un mélange de vérité et de fantasme, de vrai et d’imaginaire, et qui éveille chez nous de nombreuses choses enfouies. À l’instart des Peanuts, l’objectif est de créer une émotion. Le but n’est pas que de faire rire à tout prix, mais bien de raconter quelque chose. Ce quelque chose aura différents effets : révolte, rire, tristesse…

Le strip le plus mémorable pour moi, est sans doute la dernière planche publiée par Watterson, qui exprime une réelle mélancolie, nostalgie d’un certain passé, un passé propre à chacun, mais qui reste optimiste car c’est une mélancolie tournée vers l’avenir.

– Wahou ! Il a vraiment beaucoup neigé la nuit dernière ! N’est-ce pas merveilleux ?
– Tout ce qui était familier a disparu ! Le monde a l’air complètement nouveau ! – Une nouvelle année… Un nouveau départ !
– C’est comme avoir une grande feuille de papier toute blanche ! – Une journée pleine de possibilités !
– C’est un monde magique mon vieil Hobbes…
– Allons l’explorer !

Watterson ne s’enferme pas dans le passé, au contraire, il regarde vers le futur, tout en nous rappelant d’où nous venons et qui nous sommes. Il s’inquiète de cet avenir que nous bâtissons tous les jours et qui ne semble pas s’améliorer.

Mais Calvin est avant tout un enfant. On pardonne tout aux enfants. On leur pardonne de se tromper, on leur pardonne leur naïveté, on leur envie même…

Watterson se sert surtout de Calvin pour nous rappeler quelques vérités. Il ne brosse jamais le lectorat dans le sens du poil, et n’hésite pas à le bousculer, à le mettre face à ses responsabilités.

Comment les gens réagiraient-ils si les animaux passaient le bulldozer sur leurs maisons pour planter des arbres ?

– Où les animaux sont supposés vivre maintenant qu’on a coupé tous les arbres pour y mettre des maisons ?
– Comment les gens réagiraient-ils si les animaux passaient le bulldozer sur leurs maisons pour planter des arbres ?
– Dommage, ils n’ont pas laissé les clés.

La responsabilité de chacun est un questionnement que Watterson aime à rappeler. Que ce soit celle d’un enfin qui enfreint les règles, ou celle de son lecteur ou de sa lectrice, assez âgés pour se responsabiliser. Comment se plaindre de ce monde lorsqu’on participe à le détruire ? Retour de la dichotomie : Jean Calvin / Thomas Hobbes, Dieu / matérialisme, humanité / nature, pollution / écologie. L’homme est profondément un être de contradiction. Contradiction qui nourrit bien des strips de Calvin et Hobbes.

Quand je serai grand, je ne lirai pas le journal, je ne m’intéresserai pas aux grands problèmes et je n’irai pas voter. Comme ça, je pourrai me plaindre de ne pas être représenté par le gouvernement.

L’enfant détient ainsi la vérité. Aucun enfant ne veut une forêt détruite, aucun enfant ne veut un monde pollué. Cette vérité avec laquelle nous apprenons à composer à travers une éducation étouffante, nous oblige à vivre contre-nature et contre la nature. L’enfance dans l’oeuvre de Bill Watterson est ce regard naïf et critique qui nous rappelle tout ce que nous avons abandonné. D’abord nous-même, ensuite la nature, enfin les autres.

L’humanisme en fond de toile

L’humanisme, c’est l’épanouissement de l’être humain comme valeur fondatrice. L’humanisme veut le progrès de l’humanité. Cela passe par l’amélioration des comportements individuels et collectifs. L’humanisme c’est l’équilibre. Il pourrait par exemple s’intégrer parfaitement avec les questionnements philosophiques liés à la nature. Ce que dit Watterson dans Calvin et Hobbes, c’est que l’être humain n’est rien sans son environnement et que le respect de la nature doit être au centre des problématiques humaines.

Pourtant, Calvin est un être profondément égoïste. Watterson choisit justement de développer les défauts de son personnage pour faire aussi passer son message.

Calvin déteste son monde, il veut être riche et puissant pour faire ce qu’il désire, mais ne veut pas faire d’efforts pour y arriver. Cet univers le contraignant à tout, Calvin a pour seul échappatoire que son imaginaire (tout comme Watterson qui a pour échappatoire sa BD). Calvin va explorer l’univers avec son personnage de Spiff, allant de planètes en planètes, se faisant attaquer par des extraterrestres (Watterson a pour passion l’astronomie et l’archéologie). Il va voyager dans une boite en carton pour revenir dans le Jurassique, il va se faire cloner dans cette même boite, laissant son clone aller à l’école à sa place, mais son clone va se cloner qui lui-même va se cloner… Il va s’imaginer un double super héros, Hyperman… sorte de surhomme nietzschéen.

Calvin est peureux, il fuit ses responsabilités, il est fainéant, pense que tout lui est dû. C’est un enfant. Il découvre le monde, l’explore, l’apprécie, mais ne comprend pas la dualité de notre société. Mais comment la comprendre ?

L’humanisme s’exprime alors aussi dans l’éducation. Non pas celle imposée, cadrée, sans liberté, mais celle de l’expérience de la vie, celle de la découverte, celle de l’émerveillement. Car l’enfant est l’être émerveillé par nature, celui qui ne pose aucun jugement sur l’inconnu mais qui au contraire s’y intéresse de manière désintéressée. L’humanisme c’est cela, ne pas se faire passer avant les autres, être altruiste au nom de quelque chose de plus grand que nous.

– Si les gens s’asseyaient dehors et regardaient les étoiles chaque nuit, je parie qu’ils vivraient différemment.
– Comment ça ? – Et bien, quand tu regardes à travers l’infinité, tu réalises qu’il y a des choses plus importantes que ce qu’on fait toute la journée.
– On a passé la journée dans la crique à regarder sous des rochers. – Je parlais pour les autres.

Pour aller plus loin :

Vous trouverez ici : 10 strips très drôles de Calvin et Hobbes (en Français)

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