Tendre Jeudi
Un blog avec de la lecture dedans

Mes découvertes culturelles du mois de mai

Tous les mois, dans ma newsletter, je partage avec les abonnés quelques petites choses culturelles dont des découvertes récentes. Je vous propose de les découvrir à votre tour!

Musiques

🥝🥝 Deep in View – Cola

Premier album du groupe Cola, Deep in View est néanmoins le fruit d’une association de “vieux” briscards du Rock. Le trio, composé de Tim Darcy et Ben Stidworthy (anciens du groupe Ought) ainsi que d’Evan Cartwright (vu chez US Girls et The Weather Station) filent ici le parfait amour avec un album Indie-Rock profond et élégant.

Il faudra peut-être quelques écoutes pour s’approprier totalement cet album raffiné qui mérite clairement qu’on s’y attarde.

🥝🥝🥝 I’m Not Sorry, I Was Just Being Me – King Hannah

C’est un duo composé d’un homme et d’une femme qui tient peut-être l’album Rock de l’année ou en tout cas du semestre…

C’est un Rock sensuel et peut-être un peu tourmenté que nous propose le groupe King Hannah. Après quelques EP attisant notre curiosité, King Hannah sort son premier album, et la justesse des titres, le travail sur les arrangements (les superbes lignes de basses), et l’identité immédiate qu’ils donnent à leur travail, impressionnent et poussent au respect immédiat. Il y a du PJ Harvey dans la voix, il y a une basse couplée au jeu de guitare qui rappellent Pink Floyd parfois (le morceau de The Moods That I Get In s’en influence clairement).

Alors certes, cet album nourri au chaos ne fleure pas la bonne humeur, la mélancolie est palpable… mais quelle claque!

🥝🥝🥝 Entre eux deux – Melody Gardot & Philippe Baden Powell

Parce que c’est un très très bon album de Jazz, il se retrouve donc dans ma sélection des meilleurs albums Jazz 2022. Vous pourrez donc y retrouver ma chronique !

🥝🥝🥝 The Sea Drift – The Delines

C’est peut-être – s’il ne fallait en garder qu’un parmi ceux que je présente ici – l’album que j’ai préféré ces derniers mois. Plusieurs raisons à cela : la voix envoutante d’Amy Boone qui se marrie parfaitement aux compositions, les instrumentalisations parfaites qui donnent corps aux chansons, les arrangements malins, les quelques sonorités jazzy, et surtout, cette vision de l’Amérique, qui n’est pas que celle que je déplore dans l’édito de cette newsletter. Des récits, de chansons en chansons, qui nous font voyager dans une Amérique plus humaine. Une Amérique qu’on aimerait bien voir plus souvent.

A défaut de la voir ici, vous pourrez l’écouter, écouter les 11 sublimes chansons composées pour la plupart par Willy Vlautin, romancier, et donc guitariste et chanteur de soutien du groupe The Delines.

BD, mangas, comics…

🥝🥝🥝 The Department of Truth tome 1 : au bord du monde – James Tynion & Martin Simmonds

Même tarif, c’est tellement bien que ça mérite directement de se retrouver dans les meilleures BD de l’année 2022 avec une petite chronique pour expliquer mon choix!

🥝🥝 Les Affamés – Kunitaro Tomoyasu

Contrairement au manga suivant qui traite aussi de zombies, Les Affamés est une œuvre sombre qui place le récit à travers le regard d’un zombie qui a conscience de son état. Il voué alors ses journées à trouver des survivants afin non pas de les manger, mais de les faire se reproduire pour créer des fermes de nourriture pour ses congénères.

Rares sont les œuvres qui prennent le point de vue des zombies, celle-ci le fait intelligemment ce qui nous met parfois dans des positions de mal-être.

Bien écrite, noire au possible, on se demande si notre héros zombie ne finira pas par abandonner son plan machiavélique. L’auteur ne nous rendra pas la tâche facile, et c’est aussi pour cela que j’ai apprécié ce premier tome !

🥝🥝 100 Bucket List of the Dead – Shizuka Mikazuki

Akira travaille pour une entreprise esclavagiste au Japon. Le genre d’entreprise qui fait travailler ses employés sans pause et sans nuit de repos en les faisant culpabiliser de n’en pas faire assez… Épuisé, sous l’emprise de son chef, n’arrivant pas à démissionner, une apocalypse zombies va le sortir de ce cauchemar et lui permettre de se révéler. Libéré de son travail, il va commencer une liste des choses à faire avant de devenir un zombie.

Drôle et absurde, ce manga dont le 5e tome sort en juin, n’en est pas moins extrêmement intéressant, rempli de bienveillance, rend hommage à la culture japonaise tout en dénonçant les dérives du monde du travail. C’est malin, ça fait rire, on apprend plein de choses, et en plus c’est un peu gore mais pas trop non plus.

Roman

🥝🥝🥝 Journal d’un AssaSynth (6 tomes) – Martha Wells

Depuis quelques années, une série de science-fiction rafle tout sur son passage. A l’écriture, l’autrice Martha Wells qui livre au public le récit d’un être synthétique, robot composé d’éléments biologiques qui fait office de garde du corps. Sauf que notre AssaSynth a pris le contrôle de son logiciel et n’est plus soumis aux règles dudit logiciel et qu’il finit par penser par lui-même, et surtout à prendre des décisions inattendues.

Journal d’un AssaSynth est une belle surprise pour moi, le récit, composé en série comporte aujourd’hui 6 courts romans d’une centaine de pages chacun où évolue notre attachant héros qui aime être seul, n’apprécie pas les interactions sociales et aime surtout regarder ses séries préférées pendant son temps libre, temps libre qu’il aimerait infini.

C’est drôle, malin, sombre aussi, c’est de la bonne SF qui sait être sérieuse, inventive, et qui parle à notre époque et à notre humanité, ce que tout bon texte de SF se doit de faire. Saluée par la critique et le public, Journal d’un AssaSynth est une œuvre moderne qui tient largement sa place dans le paysage SF littéraire actuel. Et c’est amplement mérité!

Films

🥝🥝 Top Gun Maverick

Je n’ai jamais été fan du premier Top Gun. La faute à un scénario faiblard et à une tendance appuyée à nous tirer les larmes des yeux. Mais c’est un film culte et cette suite 36 ans plus tard a attiré ma curiosité.

Dans un article du New York Times, la journaliste Nicole Sperling explique que Tom Cruise est la dernière superstar hollywoodienne avec des films construits autour de lui et sur lesquels il a une emprise totale. Il y a bien eu Stallone et Schwarzenegger à une époque, mais le seul à avoir survécu aux affres du temps et toujours au top du box office est bel et bien Tom Cruise. Alors bien sûr, cela ne signifie pas que c’est une bonne chose, mais ça montre la puissance de l’acteur-producteur à une époque où le box office ne se nourrit presque plus que de super héros.

Tom Cruise est un jusquauboutiste. C’est un acteur qui ne veut pas faire semblant. S’il faut montrer des avions de guerre, il faudra en montrer des vrais, et il faudra monter dedans pour ressentir ce qu’un vrai pilote ressent. Et on ne va pas se mentir, ça marche ! Les images sont impressionnantes, les visages des acteurs frappés par la puissance des avions ne mentent pas, c’est proprement hallucinant et terriblement vrai.

Au début, on s’étonne un peu de la réalisation, pas mauvaise, loin de là, mais on n’est plus habitué. Avec les CGI, les réalisateurs nous ont habitués à des mises en scène plus libérées, moins contraintes, et il faut quelques instants pour s’adapter et voir que ces contraintes servent totalement le film, le casting et son récit.

Top Gun Maverick est une suite meilleure que l’original, avec des images incroyables, jamais vues, le spectacle est hallucinant, le pari est gagné, et des blockbusters de ce niveau, on en redemande ! C’est un blockbuster complètement assumé, le film est là pour donner des sensations, divertir, et ça marche complètement ! Tout ça grâce à un casting investi et une réalisation accrocheuse et inventive.

🥝 Ambulance – Michael Bay

Je n’ai jamais été fan des films de Michael Bay. Je les ai pourtant tous vus… Faut dire qu’il a souvent des propositions attirantes. La faute à un style de mise en scène qui me sort de ses films. Il en fait trop à mes yeux. Cela dit, ce réalisateur a sa propre identité, et ça, c’est plutôt balaise.

Tout commence avec un braquage de banque qui finit mal, un policier blessé se retrouve dans une ambulance avec laquelle les braqueurs essaient de fuir…

Ambulance, le dernier film de Michael Bay souffre de son concept. Tout doit se passer dans une ambulance, les personnages ne peuvent donc pas quitter le véhicule, ce qui affaiblit considérablement le scénario. Il suffirait de quitter l’ambulance pour s’en sortir…

S’il souffre de son concept, le film souffre surtout de la comparaison avec Heat de Michael Mann. La scène de braquage n’a pas la tension de celle de Heat, et la fusillade qui a lieu après le casse n’a pas la puissance du film de Michael Mann. C’est dur de souffrir d’une comparaison, mais elle est ici inévitable.

Même Jack Gyllenhaal, si souvent impeccable dans ses films, peine un peu… Yahya Abdul-Mateen II traîne son énorme physique mais semble un peu dépassé par les évènements, tout comme son personnage auquel on veut donner du fond, acceptant de faire ce casse dans le but de payer les soins de santé de sa femme. On veut mettre un peu de social dans le film, un braqueur gentil pour justifier l’injustifiable.

Reste Eiza González qui commence à se faire une petite place à Hollywood et qui devient une actrice très sérieuse (elle était en souffrance dans Godzilla vs Kong).

Ambulance se laisse néanmoins regarder. Il aurait gagné à avoir un scénario moins poussif, une réalisation moins débridée, à être un peu plus sérieux. Tant pis.

Séries

🥝🥝 The Essex Serpent (Apple TV+)

À l’heure où vous lisez ces lignes, Stranger Things saison 4 et Obi Wan ont été libérés respectivement sur Netflix et Disney +. Dur dur de résister face à de tels mastodontes, mais il y a heureusement encore de belles propositions ici et là. Et parmi elles, The Essex Serpent avec son casting solide et son histoire ésotérique. Tom Hiddleston et Claire Danes tiennent les rôles principaux d’une série qui prend son temps et qui laisse la tension monter petit à petit.

Adaptée du roman éponyme, The Essex Serpent est une série moderne qui s’intéresse à une époque de grand changements (la fin du 19e siècle qui fait écho à la nôtre. L’obscurantisme y est tenace, les superstitions pourrissent la vie d’une petite ville de l’Essex qui ne veut voir dans des évènements étranges que des manifestations diaboliques pour punir les pêcheurs.

La série interpelle, s’intègre dans la grande Histoire, pêche par quelques maladresses inutiles, mais invite à la découverte de ce qui se cache derrière l’horreur.

🥝🥝🥝 We Own This City (OCS)

Le mois dernier, je vous parlais de David Simon et de sa mini-série Show Me a Hero avec Oscar Isaac. David Simon, père de The Wire et Treme, développe une œuvre politique sans pareil, dans une Amérique qui en a terriblement besoin.

Avec We Own This City, Simon revient sur les terres de The Wire, à Baltimore, pour faire un constat de l’état de la police de nos jours. Entre corruption et violence, la police n’est pas épargnée par ce constat sans concession. Mais David Simon est un mec intelligent, et montre bien comment l’évolution de la société, la place grandissante des réseaux sociaux, effraie les policiers qui abandonnent des arrestations justifiées.

Adapté du livre du journaliste Justin Fenton (qui, tout comme David Simon, a travaillé pour le Baltimore Sun) We Own this City parle de comment le système est grippé, ne permet pas de changer les choses, et qu’il se retourne systématiquement contre les populations les plus pauvres, et plus particulièrement la population noire.

Avec son style documentaire, au cœur de la police, cette mini-série transpire la réalité et montre un pays malade de sa police. Il ne faudrait pas croire néanmoins que c’est le seul problème de l’Amérique et que les autres pays occidentaux sont à l’abri de telles pratiques. Ce serait hypocrite.

🥝 Halo (Canal+Séries)

Ce n’est pas toujours simple de passer après les autres. Vous êtes attendu au tournant bien évidemment, on attend beaucoup de vous… Parfois vous êtes une belle surprise (The Mandalorian par exemple), parfois vous êtes une déception (Cowboy Bebop en version live action). Et puis parfois vous tombez entre les 2. C’est pas génial, mais c’est pas pourri pour autant. Voilà où se situe Halo, cette série adaptée du jeu vidéo éponyme. Vous suivez le Masterchief, un super soldat chargé de la sécurité du monde humain, en guerre avec des extraterrestres.

Là où c’est intéressant, c’est que ce super soldat est rempli de failles, qu’il réagit étrangement à un artefact extraterrestre et que des enjeux politiques dans les deux camps laissent présager le pire pour la suite.

La série se perd parfois en conjonctures, les effets spéciaux sont vieillots (on a l’impression de voir le jeu par moments), on pense parfois à Firefly par son côté western, mais il n’y a ni la qualité d’écriture, ni de personnages attachants pour en faire une grande série. Il faudra rectifier le tir, sinon le public risque fort d’aller voir ailleurs…

Image d’en-tête : https://unsplash.com/@evstyle

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