Les pandas roux du Parc de la Tête d’or de Lyon

A Lyon, il y a un parc, un grand parc qui fait la fierté des Lyonnaises et des Lyonnais. La légende raconte qu’une grosse tête en or serait enterrée quelque part et que c’est pour cela qu’on lui a donné le nom de Parc de la Tête d’Or. Dans ce parc à Lyon vivent deux pandas roux.

2 pandas roux à Lyon

C’est un grand parc avec de nombreux espaces verts, des serres géantes où on trouve des plantes tropicales, des arbres du monde entier disséminés un peu partout, une roseraie, un jardin japonais, un petit train sur des rails, un petit train sur des roues, les meilleures gaufres de la ville, un lac, des chemins et un zoo. Il y a des tortues, des panthères, des lions, des singes, des flamands roses, des girafes, des zèbres, des crocodiles, des canards, enfin plein d’animaux, mais surtout des pandas roux. Deux pour être exact : Tara et Lotus.

Les zoos, c’est un peu triste. On voit les animaux de loin, ils tournent en rond dans leurs enclos, et puis y’a toujours des gens à côté de toi pour ne pas lire les panneaux et expliquer à leurs enfants que c’est un renard alors que c’est un panda roux, dire que c’est un flamand rose alors que c’est une cigogne, dire que c’est un crocodile alors que c’est un alligator (ou l’inverse, je ne sais jamais).

Dès que je m’approche du zoo, je me fais une joie d’aller saluer les pandas roux.

Le zoo est gratuit.

Un panda roux, ça ressemble à un renard. Ce n’est pas vraiment un panda, parce que les pandas sont de la famille des ursidae, c’est à dire les ours, alors que les pandas roux sont de la famille des ailuridae, dont ils sont hélas les derniers représentants. Appelé aussi le petit panda, c’est un mangeur de bambous, comme le panda. Mais il mange aussi un peu de viande, de temps en temps, mais assez peu, préférant fruits, racines et lichens. Ils mesurent de 50 à 75 cm et pèsent de 3 à 6 Kg. Ils feraient de parfaits câlineurs. Hélas, ils ne vivent qu’une quinzaine d’année, et leur espèce est classée comme vulnérable. Il faut donc les protéger, coûte que coûte.

Les pandas roux sont tellement beau! Il faut les voir trottiner dans leur petit enclos, et j’ai un pincement au cœur car j’aimerais bien être dans une forêt de l’Himalaya à les observer dans leur habitat naturel, et ils s’approcheraient de moi pour se laisser caresser. Je me ferais tout petit pour ne pas les déranger, et les regarderais monter aux arbres, aussi agiles que des chats. Dans leur petit enclos réservé, ils ont quelques arbres, et parfois, on les voit aller de l’un à l’autre en passant par des branches communicantes. Tout ça n’a pas l’air bien solide, pourtant, ils traversent tout cela aisément comme s’ils ne pesaient rien, ou comme s’ils étaient capables de répartir leur masse pour ne pas briser les branches.

Les pandas roux du Parc de la Tête d’Or, ils sont trop trognons. Quand ils se dandinent dans leur petit enclos, ils dégagent une sorte de grâce naturelle que seuls les animaux tout mignons sont capables de dégager. Oh oui, je souris ridiculement quand je les observe, sourire mêlé à de l’étonnement tellement je suis fasciné de les regarder vivre de la sorte avec leur grande queue toute poilue et qui a l’air toute douce. Et j’aimerais bien les gratter sous la gorge comme mon chat adore que je lui fasse, et je suis frustré car je n’ai pas accès à ces animaux, et les gens autour de moi, ils font des oh et des ah quand un petit panda monte à un arbre ou qu’il en descend, et ça m’énerve, parce que j’aimerais ne pas avoir à les partager. Et puis ils font du bruit tous ces gens, ils essaient d’attirer leur attention en criant, en hurlant, ils sont ignorés, merci.

Le meilleur moment pour les voir, c’est au petit matin. Quand le zoo vient d’ouvrir et qu’il n’y a personne. Nous sommes tous les trois, je pose mes mains sur la rambarde et mon menton sur mes mains. Je reste silencieux, me contentant d’être avec eux. Je me fais discret, je ne peux m’empêcher de sourire. Parfois je les prends en photo, parfois je ne garde le souvenir que dans ma tête.

De l’Himalaya à Lyon… le long voyage des pandas roux

J’aimerais être seul dans une forêt de Chine ou du Népal, et j’aimerais tout connaître d’eux, savoir ce qu’ils aiment manger, quelle vie sociale ils développent, quels rapports ils ont avec leurs parents et leurs fratries. Je voudrais tout découvrir et ne pas l’apprendre dans Wikipedia, ou dans un livre.

A les regarder, je vois bien que cette vie de bureau ne me convient pas tout à fait, qu’elle n’a pas autant de sens que je l’aurais souhaité. A les voir, je me projette dans une autre vie, dans d’autres lignes de vies que je n’ai pas tracées. A les observer, je suis attristé de n’être qu’un survivant dans un monde où tout va trop vite, où tout n’est que croissance, consommation, argent et rendements. A les contempler, je les plains du peu de liberté qu’ils ont, de l’attraction qu’ils sont devenus, de l’égoïsme dont ils sont victimes. Sous prétexte de les protéger, on les arrache à leurs milieux naturels, et on les plante devant un public avide d’aventure à quelques kilomètres de chez eux. Ils les oublieront bien vite tandis que les petits pandas continueront à grimper aux mêmes arbres, à marcher aux mêmes endroits, et à sentir les mêmes odeurs de la ville. Mais on ne les protège pas vraiment. On ne met pas les moyens pour les protéger. C’est dans leurs milieux naturels qu’ils devraient être protégés, pas dans des pays lointains, dans des zoos qui les réduiront à des objets de spectacles pour curieux en mal de sensations. Des attractions, des produits de consommation.

Alors je les regarde perchés sur leurs branches, et je suis partagé. Quelle attitude avoir ? Dois-je les ignorer ? Dois-je les libérer ? Dois-je continuer à les observer ? Dois-je continuer à en profiter jusqu’au jour où il n’y en aura plus, ni dans les zoos ni dans leur habitat naturel ?

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