Voyage Californie & Oregon 2017 – Jour 3 : Monterey. On a vu des baleines!

C’est l’anniversaire de mon amoureuse! Du coup, je lui offre une virée en mer à la rencontre des baleines! J’ai un peu peur que nous n’en voyions pas quand même… Ça serait dommage. J’ai aussi un peu peur d’être malade sur le bateau. J’ai mis mes bracelets d’acupression qui sont sensés empêcher d’avoir le mal de mer, le mal des transports… Jusqu’à présent, je dois dire que ça a été plutôt efficace. Jusqu’à présent…

Nous nous pointons à 9h30 au port de Monterey, il a un peu plu pendant la nuit, j’espère que la pluie ne sera pas de la fête une fois sur l’eau.

Je paie (c’est le cadeau de mon amoureuse), on nous invite à nous rendre sur le quai un peu plus loin, là où est amarré le « Star of Monterey ». Il y a d’autres touristes qui attendent aussi. Nous faisons le tour du « Old Fisherman’s Wharf » (le quai du vieux pêcheur), un immense quai tout en bois, complètement réhabilité où restaurants, boutiques de souvenirs et compagnies d’observations de baleines dépouillent les touristes « bien heureux » de dépenser leur argent.

Si nous avons évité les restaurants, impossible de ne pas aller voir les baleines. Ce quai reste néanmoins charmant, un peu vétuste. La veille, nous avions observé une loutre profitant de son repas. Nous regardons si elle n’est pas dans le coin, en vain. Comme la veille, deux lions de mer attendent en contrebas, sur la plate-forme en bois que le restaurateur les nourrisse. Nous les observons, parfois ils se mettent à crier quand un phoque s’approche un peu trop. Ils le préviennent que c’est leur place à eux, rien qu’à eux.

A 10h, nous quittons le port sur le bateau, la mer est calme.

Je m’émerveille de naviguer sur le Pacifique, vieux rêve devenu réalité. Nous arrivons à la digue qui sépare le port de l’océan, le capitaine la longe un moment pour que nous puissions observer la colonie de lions de mer échouée sur les rochers. Quelques jeunes spécimens, dans l’eau, nous font craquer. Ils sont adorables!

Le bateau repart vers le large, s’éloignant petit à petit de la côte. Si j’ai tout bien compris, les baleines entrent dans la baie qui est très large (37 Km d’après mes mesures personnelles sur Google Maps de pointe à pointe à vol d’oiseau…) et qui offre des conditions de vie plutôt agréables, avec des courants faibles, des poissons et du plancton qui abondent, une vie sous-marine exceptionnelle grâce au canyon sous-marin d’1,6 Km de profondeur qui s’y trouve.

Nous croisons une première baleine au loin, repérée par son jet. Je suis soulagé, il y en a! Puis le miracle! A 20 ou 30 m (comme on est en mer, je convertis pour vous: 0,011 à 0,016 miles nautiques), une baleine saute hors de l’eau! Nous sommes ébahis! Puis émus.

Le bateau continue d’avancer. 2, 3, 4 baleines nagent tranquillement vers le nord. Ce sont des baleines à bosse qui nous montrent leurs dos, parfois leurs magnifiques queues. Les baleines à bosses mesurent entre 16 et 17m pour les femelles, 15 à 16m pour les mâles et pèsent dans les 40 tonnes! Elles vivent entre 40 et 100 ans! La baleine à bosse est une espèce en voie de disparition. Même si c’est une espèce dont la population semble se reconstituer plus facilement que les autres grandes espèces, cela reste une espèce en danger.

Sur le bateau, c’est la folie! Les gens jouent des coudes pour les meilleures places. Je m’y refuse. Tout ça en plus pour prendre en photo les baleines, les observer à travers un objectif ou un écran. Je suis sidéré. 90% des gens mitraillent! Nous, nous observons, nous nous gavons d’images que nous stockons dans notre mémoire. Eux, ils stockent dans la mémoire de leurs appareils photos. Je ne comprends pas à vrai dire. Quelques photos oui, mais pas sans arrêt… C’est tellement dommage.

Le mal de mer arrive… Le bateau qui stagne m’est fatal… J’espère ne pas vomir… Si je me sentais bien, je serais ravi que l’expédition dure aussi longtemps. Là, je ne pense qu’à poser mon pied sur un sol qui ne bouge pas… Mon amoureuse aussi commence à être malade. Le suspense est total! Qui vomira en premier?

Je m’accroche. Je veux, je dois profiter. Je suis sur le Pacifique, entouré de baleines!, parfois des phoques montrent le bout de leurs nez! Des pélicans de Californie volent au-dessus de nous, des oiseaux dont je regrette de ne connaître le nom profitent de leur repas.

C’est à la fois le paradis et l’enfer pour moi. Je suis au bout de ma vie. Je vis un putain de rêve éveillé et je ne désire qu’une chose: qu’il passe vite. Je n’en peux plus de cette nausée. Mon plus grand regret est certainement de ne pas avoir le pied marin. Et de ne toujours pas avoir gagné au Loto.

1h30 plus tard, nous rentrons enfin! J’ai tenu le coup! Mon amoureuse aussi. Mais y’a encore le chemin du retour… Et alors que le bateau commence à accélérer, 2 baleines à bosse nous saluent de plusieurs sauts. Je suis tellement fasciné, émerveillé, au bout de ma vie, nauséeux. Accélère capitaine. S’il te plaît.

Mon amoureuse s’est allongée et dort à l’avant du bateau (la proue). Moi je me mets à l’écart, sur le côté du bateau, à bâbord pour être précis, je me tiens debout, la tête posée sur un bras, les yeux fermés. Je crois que je suis assez proche d’une prière, enfin, je me prie à moi-même de ne pas craquer, de tenir bon.

Et je tiens.

Mon amoureuse va mieux. Dormir a tout réparé, plus aucune nausée. Je sais que j’en aurai pour la journée moi… Je me dépêche à descendre du bateau, je passe même avant certaines personnes âgées, à ce moment-là, je me sens prioritaire, sinon je leur vomis dessus. De toute façon, personne ne m’en veut, ils voient mon visage, ils comprennent que je suis prioritaire.

Ça va mieux. Je sens que je suis sauvé, mais j’ai toujours une putain de nausée. J’ai besoin d’air frais, de bouger, marcher. Il est 13h, je ne peux rien avaler.

Nous décidons donc de marcher, c’est le seul truc que je peux faire de toute façon. Il y a une belle balade qui longe la côte en direction du sud. Elle mène à Cannery Row, la fameuse Rue de la Sardine du livre éponyme de John Steinbeck. Sur notre droite, le Pacifique à perte de vue. Lui et moi avons tout pour nous aimer. Hélas, le regarder aggrave mes nausées.

Ici la côte est sauvage et les phoques bronzent sur les rochers. Ils sont rigolos à observer, la queue et la tête toujours hors de l’eau, là où ils ont le moins de graisse. S’il y a une petite vaguelette qui arrivent, ils veillent bien à lever leurs queues et relever leurs têtes, il ne faudrait pas être mouillé!

L’Océan attaque la côte inlassablement, la roche s’effrite, des rochers se forment, lieux de repos des oiseaux, goélands, pélicans. L’homme ne s’y aventure guère, trop dangereux. Chacun son territoire. J’aimerais y aller, mieux comprendre, les connaître. Mais ma curiosité est moins importante que leur bien-être.

Cannery Row ne ressemble guère à ce que Steinbeck décrivait. Ça a changé. Ancienne zone industrielle où les sardiniers livraient le résultat de leurs pêches aux usines de conserverie. On arrive dans une rue toute droite où les vieilles bâtisses ont été rénovées faisant place à des boutiques de souvenirs, restaurants, hôtels, ou encore le fameux aquarium de Monterey. La réhabilitation est plutôt réussie, c’est propre, mais l’esprit n’est plus le même. Et c’est cher. Un gigantesque piège à touristes, une usine à touristes. Il y a encore des travaux à réaliser ici et là, certains sont déjà en cours, mais pour quel objectif?

La Rue de la Sardine que j’avais imaginée à travers les mots de Steinbeck n’existe plus. A-t-elle seulement existé? Nous croisons ici et là des références à Steinbeck, le laboratoire d’Ed Ricketts, ami de l’écrivain qui lui a inspiré le personnage de Doc dans Rue de la Sardine et Tendre Jeudi. Biologiste chevronné, ami de la nature, Ed Ricketts est considéré comme un écolo avant l’heure.

Nous poussons la balade jusqu’à Pacific Grove, quartier chic aux maisons de bois plus charmantes les unes que les autres. On s’y installerait! Si on pouvait…

Nous longeons toujours la côte, malgré la nausée persistante, je me sens heureux. L’océan est mon élément (sauf sur un bateau), il m’attire, m’appelle, indubitablement, je me vois vivre ici, nager au milieu des phoques et des dauphins.

Nous arrivons près d’un parc, j’aperçois dans le contrebas, dans les rochers, une sorte de rongeur. Je ne le vois pas très bien, on dirait un gros écureuil avec une queue poilue et plate.

Lovers Point Park (Parc de la Pointe des Amoureux) est une petite péninsule rocheuse qui marque la fin de la baie de Monterey (au sud) avec un gazon incroyablement vert et bien entretenu, quelques pins dont le nom étonnant est Pin de Monterey (ou Pinus Radiata pour les experts en pinèdes) et où des dizaines d’écureuils batifolent autour des arbres et des rochers, ne se souciant pas des humains qui les observent et les photographient. Il y en a partout! S’il est nouveau pour nous, c’est ici un écureuil très commun appelé le Spermophile de Californie ou Ecureuil Terrestre de Californie. Parfois, certains sortent de cachettes entre deux rochers. Ces écureuils, habitués aux êtres humains, ont la particularité de ne pas vivre dans des arbres, mais dans des terriers qu’ils creusent eux-mêmes.

Nous mangeons un morceau dans le coin. Je n’ai pas faim, mais il faut bien… Nous commandons à un camion près de l’eau. Ce n’est pas de la cuisine de qualité, c’est très gras. Mon amoureuse me rappelle que le gras c’est la vie, et je lui rappelle qu’il aimerait que je perde ce petit (très petit hein) ventre que je n’avais pas quand nous nous sommes connus, regrettant au passage mes tablettes de chocolat. Je mange donc un hot dog avec des frites, elle choisit un cheeseburger avec mes frites. Oui, elle adore ne pas commander de frites et voler les miennes…

Nous revenons sur nos pas. C’est très agréable de marcher ici, beau certes, simple aussi, doux. A l’approche de Monterey, nous nous arrêtons sur un bout de plage sablonneux pour y tremper les pieds. L’eau est agréablement fraîche. Après une petite marche, ça fait du bien. Nous voyons des plongeurs non loin de nous, un phoque au large qui observe ce qui se passe, une loutre aussi.

Nous reprenons notre route. Nous ne sommes pas loin de la digue aux lions de mer que nous avons vu ce matin depuis le bateau.

Nous passons sur la digue, à droite le port de Monterey avec ses nombreux bateaux de plaisance, à gauche, l’océan, calme. Il me semblait moins calme sur le bateau… Foutu mal de mer… Si je pouvais choisir un super pouvoir, je choisirais sûrement celui d’avoir le pied marin… ou de respirer sous l’eau… ou d’obliger les hommes et femmes politiques à dire la vérité.

Un homme nous interpelle, nous dit de nous approcher et de regarder. Il me dit: « On n’en voit pas souvent! » Et là, miracle, à 1,5m de nous, une loutre flotte sur le dos et mange ce qui semble être des moules. Un grillage qui m’arrive à la poitrine nous sépare d’elle, mais être si près de ce magnifique animal en train de grignoter, plongeant pour arracher des moules aux rochers au fond de l’eau, nous émerveille!

Nous restons de longues minutes à l’observer. Nous sommes véritablement émus.

Nous continuons à remonter la digue pour essayer de voir les lions de mer de plus près.

Sous les docks, à notre droite, quelques lions de mer se crient dessus. On ne peut les voir. Leurs cris raisonnent contre l’eau et le bois des quais.

Nous regardons au bas de la digue avec l’espoir de voir une autre loutre, mais c’est un lion de mer, sur un rocher, là, à 1m de nous, qui se réchauffe paisiblement au soleil. Alors que nous nous approchons, il lève la tête et nous regarde nonchalamment puis retourne à son occupation qui semble lui prendre beaucoup de temps.

Nous arrivons à une grille. La suite de la digue est fermée, le reste est réservé aux lions de mer et aux phoques. Ils s’entassent les uns sur les autres, râlent, crient!

Nous profitons de la cacophonie puis faisons demi-tour, croisons notre copain le lion de mer, toujours très occupé à ne rien faire, qui nous regarde de nouveau puis nous ignore. La loutre est toujours là, gourmande. Nous restons un peu avec elle puis repartons. Quelques mètres plus loin, une autre loutre arrive (celle qu’on voyait depuis la plage).

Nous la suivons, voir si elle retrouve l’autre. Elles sont contentent de se retrouver, les voilà à jouer toutes les 2, se rouler dessus, danser, se mordiller! Nous ne cessons de sourire!

Après ça, il sera difficile de faire meilleure journée…

Comme c’est l’anniversaire de mon amoureuse, nous cherchons un petit restaurant pour marquer le coup. Après une journée comme celle-ci, le resto doit être parfait! Nous trouvons alors le Esteban Restaurant non loin de notre hôtel, qui fait d’excellentes tapas d’après les critiques de TripAdvisor.

Situé dans un hôtel chicos où nous n’avions pas les moyens de dormir, le cadre est idyllique, avec un feu en terrasse où quelques personnes arrivées plus tôt, profitent d’un apéro au champagne.

Nous mangeons très bien! Nous prenons 3 plats à partager, un verre de vin chacun et un dessert (chacun aussi hein). Il y a des palourdes au chorizo, une sorte de ratatouille qu’ils n’appellent pas comme ça, ainsi que des petits piments grillés, présentés comme moyennement épicés et qui sont vraiment délicieux! J’en vois un tout rabougri et décide de le manger et ma bouche se met à me brûler comme jamais! Ça devait être la surprise du chef… En dessert, mon amoureuse choisit une délicieuse crème aux œufs à l’orange tandis que je mise sur une tarte aux pommes servie avec une boule de glace vanille.

C’est un très chouette repas, fin, inhabituel. Et en plus, un raton laveur est venu nous rendre visite!

Une journée parfaite!

PS: j’ai réussi à me refiler le mal de mer rien qu’à écrire tout ça…

3 Comments Voyage Californie & Oregon 2017 – Jour 3 : Monterey. On a vu des baleines!

  1. chocoladdict

    ah terrible mal de mer, quand je suis allée Granville des pêcheurs m’ont dit que parfois des gens sont tellement mal qu’ils veulent en finir et sauter dans la mer !
    sinon au quai du vieux pêcheur, je me souviens avoir goûté une soupe de palourdes délicieuses
    les baleines d’aussi près cela doit vraiment être très impressionnant !

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