Lambda – 7 août 2015

(Très librement inspiré de ma vie réelle.)

Ils ont pêché un requin-baleine alors que c’est une espèce protégée. Puis ils l’ont posé sur un quai et ont commencé à le découper avec une scie alors qu’il était encore vivant.

Au-delà de l’atrocité de la chose, et loin des hystéries collectives qui se créent lorsqu’un lion ou un dauphin est abattu, il s’agit de s’imposer une responsabilité en tant qu’être humain et espèce dominante.

Nous avons une responsabilité envers la vie qui nous entoure, c’est indéniable.

Je sais qu’il y a beaucoup de personnes qui pensent que la vie d’un animal ne vaut pas celle d’un humain. Je sais qu’à partir du moment où ça ne remet pas en question notre pensée ou notre confort, les gens ne se sentent pas concernés.

Mais il s’agit de lutter contre une chose qui me paraît essentielle: veiller à protéger l’ensemble des êtres vivants de notre planète autant qu’on protégerait nos foutues banques.

Ce requin-baleine est là un symbole. La cruauté de sa mort nous rappelle que nous sommes capables du pire. Que nous pouvons tuer impunément un enfant palestinien, que nous pouvons abattre un noir parce qu’il est noir, que nous pouvons détruire notre patrimoine historique, que nous pouvons réaliser le pire et que tout cela ne soit traité et digéré que comme de vulgaires faits divers.

Cela devient alors ridicule de se proclamer citoyen du monde, de se mettre au-dessus des autres alors qu’ils font parties de ce monde.

Qui suis-je alors? Un homme blanc né dans un pays riche qui participe de loin – mais qui participe pourtant – à la déforestation, à la sur-pêche, à la pollution globale, au maintien d’une société inégalitaire et raciste?

Non, je ne suis pas un citoyen du monde, je ne veux pas être mis au même niveau que des assassins, des racistes et des imbéciles.

Je suis juste un pauvre type qui essaie d’être un peu meilleur… et c’est pas gagné.

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