Lambda – 4 août 2015

(Ce texte est librement adapté de ma vie réelle.)

Être un homme meilleur. Pas un grand homme, il n’en reste presque plus et puis on ne serait pas d’accord sur la définition. Surtout en France où on fait de Napoléon un de nos plus grands hommes… C’est lamentable.

Oui j’aimerais être un homme meilleur, plus cultivé, plus intelligent. Je sais qu’aujourd’hui on loue davantage la beauté à l’intelligence, la superficialité à la profondeur, mais j’aime comprendre les choses.

J’ai trouvé un boulot, je commence à la rentrée, je suis content. Mon amoureuse me dit qu’il faudra que je fasse des efforts pour me socialiser, faut dire que ce n’est pas mon fort. Changer mes habitudes, rencontrer de nouvelles personnes, ça me panique. Je vais vous donner un exemple: j’entrais à la fac, j’habitais encore chez mes parents. Pour y aller, il y avait plusieurs lignes de bus. L’année d’avant pour aller au lycée je prenais une de ces lignes de bus. J’y avais mes habitudes, connaissais les arrêts, les têtes des chauffeurs, ceux qui disent bonjour et ceux qui ne répondent pas, j’avais mon confort, c’était parfait. Pour aller à la fac, j’avais le choix entre deux lignes de bus. Ensuite, je devais prendre le métro puis le tramway. Avec l’une je mettais deux heures pour aller à la fac, avec l’autre une heure trente. Pendant un an, j’ai continué à prendre la même ligne de bus que pour aller au lycée. Je faisais la ligne entière, puis après je devais marcher dix minutes jusqu’au métro, ensuite, je devais prendre une autre ligne de métro qui m’emmenait au tramway. Un jour, j’ai raté mon bus, j’ai dû me résoudre à prendre l’autre ligne. Alors j’ai recommencé le lendemain et ainsi de suite, me faisant ainsi de nouvelles habitudes, de nouveaux repères. En revanche, le soir, pour rentrer, je prenais l’ancienne ligne, je m’y sentais plus en sécurité, alors qu’il n’y avait pas lieu de le penser.

Ainsi, quand ma vie change du tout au tout avec un nouveau job et de nouveaux collègues, j’essaie par avance de me trouver des repères. Par exemple, je regarde la route à prendre à vélo et vérifie si je connais les rues et s’il y a des pistes cyclables. De même pour les transports en commun: si je suis déjà passé dans le quartier, c’était pour quoi faire? Est-ce que je connais des endroits où manger? Tiens, ce n’est pas loin de tel parc, je pourrais aller m’y réfugier entre midi et deux si la matinée a été difficile.

C’est terrible d’être rassuré à l’idée d’avoir un parc pas loin du travail, d’y voir un lieu de quiétude. Pour ma défense, j’allais y manger lors de mon précédent boulot. Comme l’ambiance me pesait, c’était agréable d’y passer du temps. Là encore j’avais des repères, des habitudes et des habitués, des gens comme moi qui appréciaient se retrouver seuls, de manger sur un banc au bord d’un lac, seulement dérangés par les oies et les canards, le casque sur les oreilles, un magazine ou un livre entre les mains… Qu’est-ce que ces moments me faisaient du bien!

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