Lambda – 2 août 2015

(Ce texte est librement adapté de ma vie réelle.)

Deuxième jour du mois d’août de l’an 2015. Je hais le temps qui passe. Est-ce qu’on m’a demandé mon avis sur le temps qui passe? Non, même pas! Je suis né et on m’a imposé le temps qui passe. J’ai 33 ans et j’aurais aimé pouvoir dire « je suis contre le temps qui passe ». Si la majorité avait choisi le temps qui passe je m’y serai soumis et puis c’est tout! Mais là c’est du pur fascisme! Non seulement on me l’impose ce foutu temps qui passe, mais il n’existe en plus aucune idéologie séparatiste contre le temps qui passe! Tout le monde trouve ça normal!

Tous des moutons…

Bref, c’est l’été. Il fait chaud. Je suis assis sur un banc en pierre au bord de la Saône et j’écris. Je pense que je vais prendre un coup de soleil sur la nuque. Tant pis, de toute façon je ne la vois jamais ma nuque.

Ce matin sous la douche j’ai pensé à un truc, un vieux souvenir. Parfois je me demande si ce sont de vrais souvenirs, si tout est véridique, ou si j’en rajoute pas ou si j’en enlève pas. J’étais gosse, genre 8 ans max. Je vivais sur le Bassin d’Arcachon, mon père s’était déjà tiré de la maison. J’étais chez mon cousin et on jouait au foot. Chacun notre tour nous étions au goal, le portail faisant office de but. L’autre tirait pour marquer. Et c’est marrant parce que je nous vois mon cousin et moi dans les buts à supplier l’autre de ne pas tirer fort et on mettait toute notre force dans nos pieds pour marquer et on n’essayait même pas d’arrêter le ballon de peur de se faire mal. Ça n’avait réellement aucun intérêt comme jeu. Cela explique sans doute pourquoi nous étions si mauvais au foot…

Il fait chaud… Je sens les gouttes de sueur couler le long de mon dos et de mon ventre. Ça chatouille. Mon amoureuse lit à côté de moi. Elle regarde les bateaux passer parfois et me parle de leurs couleurs. Je pense qu’elle s’ennuie. Pas ma faute, je serais bien resté chez moi à rien faire, à laisser le temps passer et à le maudire ensuite de passer si vite…

Ah oui, y’a mes beaux-parents qui arrivent.

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