Alpha Cassiopée – Nouvelle

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Je n’avais jamais vu un restaurant comme celui-ci. Je connaissais déjà les qualités de la cuisine d’Alpha Cassiopée, mais niveau décoration, les Cassiopéens avaient vraiment des goûts particuliers. Celui-ci était tout particulièrement hideux avec toutes ses couleurs, mais il semblait au goût des natifs.

Je me tenais debout comme les autres clients, attendant d’être servi, quand quelques touristes descendus du vaisseau assurant la liaison entre Prima Cannery et Alpha Cassiopée durent sortir précipitamment du restaurant. Les pauvres ignorants avaient demandé à s’assoir et s’étaient vus dans l’obligation, je cite: « de dégager de mon auberge, sinon je vous sers à bouffer à mes clients! » Sans doute n’avaient-ils pas écouté les mises en garde du guide qui avait pourtant insisté sur les us et coutumes des autochtones qui ont la fâcheuse habitude de se vexer et de s’énerver pour un rien.

Fort heureusement, les Cassiopéens étant végétariens, les touristes n’avaient rien à craindre. Cela leur ferait néanmoins une bonne anecdote à raconter à leurs amis dès leur retour.

S’ils avaient écouté le guide, plutôt que perdre leur argent dans les machines à sous du casino du vaisseau, ils auraient entendu que le train-arrière des Cassiopéens est une partie sacrée de leur corps, la seule partie que leur complexe système visuel ne leur permet pas de voir et que leurs deux membres supérieurs ne leur permet de toucher. Dans la culture cassiopéenne, ce qui ne peut être ni vu ni touché est sacré. Leurs fesses sont donc sacrées, en conséquence de quoi ils vivent constamment debout. Ils ont la chance de ne pas avoir besoin de dormir, et leurs rapports amoureux se font le plus simplement du monde, toujours debout, sans aucun plaisir. Pour faire simple, voilà comment ça fonctionne: tout d’abord, le long appendice génital de la femme pénètre dans l’orifice génital du mâle. La femelle récupère alors une petite boule de liquide séminal qu’elle aspire avec son appendice. La boule est intégrée entièrement par l’œuf de la femelle qui va se diviser en autant de spermatozoïdes que contient la boule séminale. Sept mois plus tard, la femelle pond autant d’œufs que de spermatozoïdes.

Le record absolu est de cent-cinquante-quatre œufs! Les Cassiopéens ne peuvent se reproduire qu’une seule fois. Par ailleurs, le fait d’enfanter autant vous place au plus haut de l’échelle sociale.

Mais attention, l’échelle sociale à Cassiopée est très différente de celle des Terriens. Chez nous, les personnes les plus fortunées se retrouvent au sommet de l’échelle sociale. Vous avez le pouvoir, l’argent, la justice avec vous. C’est un système incroyablement inégal, et pourtant, il perdure! Sur Cassiopée, tout le monde a le même niveau de vie! Il n’y a aucune différence de richesse. Il est écrit dans leur constitution que l’égalité entre les Cassiopéens et les Cassiopéennes est un droit fondamental et que peu importe votre activité, il vous sera versé autant d’argent qu’à un autre (au prorata du nombre d’enfants à votre charge). Par exemple, le restaurateur qui fout dehors des touristes gagne autant qu’un médecin et travaille tout autant. Il n’est pas toléré que vous vous creviez à la tâche sur cette planète. Prendre du bon temps, se socialiser, se promener, flâner, bien se nourrir, sont des activités considérées plus importantes que de travailler.

La première fois qu’on découvre cette planète et ses habitants, on reste sans voix. On se demande comment tout cela peut fonctionner! Et pourtant, ça fonctionne, depuis des milliers d’années!

J’expliquais qu’avoir une portée importante d’enfants vous plaçait socialement au-dessus des autres. Il faut le comprendre de la sorte: vous êtes considéré comme une personne avisée et vos conseils sont paroles d’évangiles. Ainsi, vous pouvez vous retrouvez du jour au lendemain comme la personne la plus importante du village car vous avez enfanté plus que les autres. D’ailleurs, il faut être précis, chaque membre du couple est aussi important l’un que l’autre!

Tant que vous n’avez pas enfanté, vous êtes ce que les cassiopologues (anthropologues chez nous) ont traduit par « anpode », littéralement un « sans pied », ce qui signifie dans la culture de la planète Cassiopée, que vous n’êtes pas encore intégré à la planète, que vos pieds ne touchent pas terre. A vrai dire, il faut même allé plus loin pour bien comprendre ce qu’être un anpode veut dire. Lors de l’accouchement le mâle et la femelle réalisent ce qu’ils appellent le « surecto », qu’on pourrait traduire par « retour aux sources ». En effet, la femelle pénètre le mâle avec son appendice génital et pond ses œufs dans son corps. Ensuite, un système relativement complexe digère les coquilles et libère ainsi les nouveaux nés. Plus il y a d’œufs plus le processus est long et douloureux. La coquille n’est pas digérée entièrement, à vrai dire, elle est recyclée. Quand la mère récupère le bébé, elle le récupère avec ce qui semble être des chaussons issus du recyclage de l’œuf. Elle pose délicatement le bébé dans ces chaussons qui s’adapteront à la morphologie du Cassiopéen tout au long de sa croissance. Le Cassiopéen perd ses chaussons après la naissance de ses bébés. Les Cassiopéens qui ont enfantés se retrouvent alors pieds-nus, ce qui les distingue des autres. Ainsi, ces « sympodes » sont en contact direct avec la terre. Ce n’est purement que coutumier.

A ce propos, ne vous attendez pas à trouver du goudron ou du béton sur Cassiopée! Toutes les routes sont en terre! Mais il y a mieux encore! Les Cassiopéens sont capables de savoir en un simple coup d’œil combien d’enfants a eu un autre Cassiopéen! Ce n’est pas flagrant pour nous, mais ils ne se trompent jamais! Et donc, un Cassiopéen ou une Cassiopéenne, qui a eu plus d’enfants qu’un autre sera toujours plus respecté.

Et il faut le voir pour le croire! Mais surtout comprendre leur langue. Il m’a fallu de nombreux mois pour la déchiffrer! Il m’est hélas impossible de la parler. Fort heureusement, ils parlent l’Universalien aisément quand d’autres espèces en sont incapables. Et donc, quand vous comprenez les subtilités de leurs langues, c’est un spectacle incroyable. Ils ne parlent que par ce qui semble des onomatopées à nos oreilles. Mais à vrai dire, c’est beaucoup plus délicat que ça. Ce n’est pas particulièrement joli, mais leur langage est toujours rythmé, musical presque.

Ainsi, lors d’une conversation, celui ou celle qui a le moins d’enfants devra adapter son langage en fonction du nombre de personnes présentes dans la conversation qui ont plus d’enfants que lui. Cela en devient un vrai sport, et il arrive parfois que certains Cassiopéens s’emmêlent les pinceaux, et il s’expose alors à une violente engueulade, et il devra s’excuser de nombreuses fois, au point parfois de rendre des services à la personne victime du manque de respect! Imaginez la scène: vous vous retrouvez autour de cinq Cassiopéens ou Cassiopéennes, et vous êtes au rang social le plus bas. Le rythme de vos mots doit s’adapter à la personne à qui vous parlez en fonction du nombre de personnes présentes. Supposons que vous parlez à la personne ayant le moins enfanté, alors vous parlez à un rythme rapide. A la personne qui a le plus d’enfants, vous devez lui parler plus lentement. La lenteur est une preuve de respect. C’est pour cela que vous pouvez attendre fort longtemps votre plat dans un restaurant. D’ailleurs, les Cassiopéens qui ont beaucoup d’enfants ne vont guère souvent au restaurant. L’attente est insupportable.

C’est d’ailleurs complètement la loterie! Les Cassiopéens savent combien ils vont avoir d’enfants seulement au bout du cinquième mois de grossesse de la femelle. Un accouplement ne se fait donc jamais en fonction de la puissance du mâle, mais par pur amour!

Les Cassiopéens restent en couple et amoureux toute la vie! La chimie qui les unit les rend pleinement satisfaits, et il semblerait que s’ils ne prennent aucun plaisir lors des accouplements, le fait de penser à leur moitié leur procure une sensation de bien-être exceptionnelle. Hélas, les Cassiopéens sont avares de détails sur ce sujet… Faut dire que de leur demander de nous parler d’amour leur fait inévitablement penser à leurs compagnons ou compagnes, et les regarder prendre du plaisir est assez effrayant et dégoûtant. Ils bavent beaucoup plus qu’à leur habitude (le fait de ne pas avoir de lèvres n’aide pas beaucoup), leurs corps se figent, et leurs visages font d’étranges grimaces. De leurs pores, sur tout le corps, un liquide kaki extrêmement puant (mais dont l’odeur ravi les Cassiopéens) se dégage qui au contact de l’air se vaporise. L’odeur de cette vapeur active une sorte de jouissance qu’on apparenterait à un orgasme, et alors il vous est totalement impossible de rester dans la même pièce qu’eux sans vomir. Car tous les Cassiopéens et Cassiopéennes se mettent à suinter les uns après les autres tel une orgie romaine, et ça ne pose aucun problème dans leur culture! Ils peuvent faire ça plusieurs fois par jour, et ça leur est même conseillé car ça nettoie les pores de l’ensemble de leur corps, ce qui leur évite d’avoir à se laver. Dans le vaisseau, le guide nous invite fortement à nous procurer un tue-odeur que l’on place sous le menton et qui annihile toute senteur autour de nous. Ces tue-odeurs sont devenus si populaires qu’ils en font de toute forme, j’en porte moi-même un qui ressemble à une tête de panda, un animal qui vivait sur Terre il y a fort longtemps. Pas loin de moi, une jeune femme en porte un en forme de tortue tandis que l’homme qui l’accompagne en porte un en forme de croix chrétienne, ce qui sur Cassiopée pourrait être interprété comme une insulte, s’ils savaient ce que c’est.

En effet, les Cassiopéens ont bâti en grande partie leur culture sur la haine de Dieu. Ils croient au sacré, comme la terre ou leur cul (notez que ça serait un sacrilège que de s’assoir sur de la terre sur Cassiopée), mais leur sacré n’est pas dédié à un quelconque Dieu, il est dédié aux être doués de vies. Toute la nature, les insectes, les mammifères divers et variés, les oiseaux, bref tout ce qui respire! Et sur Cassiopée, ne vous attendez à aucun danger! Toute la planète est un havre de paix, et c’est pour cela qu’elle est prisée par les touristes. Mais les Cassiopéens gèrent les flux de touristes avec parcimonie, ils savent trop bien comment les autres races ont tendance à tout saccager… Du coup, les touristes ne peuvent aller que dans des zones réservées, et s’ils venaient à polluer ou à se comporter de façon inopinée, ils seraient interdits à jamais de territoire. Et ça serait dommage! Car si vous venez assez souvent comme moi, vous aurez un passe-droit qui vous permettra d’aller où bon vous semble! Vous pourrez par exemple passer une nuit sur les bords du lac Athabasco, un lac clair comme de l’eau de roche qui la particularité de dégager une odeur incroyablement agréable! L’eau sent littéralement le lilas! Dès que vous approchez à quelques kilomètres du lac, les senteurs de l’eau vous apportent une chaleur interne reposante et réconfortante. D’après quelques chercheurs, il semblerait que l’eau du lac rejette d’infimes particules qui déclenchent sur le cerveau des êtres humains une sensation de bien-être extrême. Ces particules sont totalement inoffensives. En revanche, plus vous y restez longtemps, plus le retour à la réalité est difficile. La désensibilisation peut s’avérer longue et vous plonger dans une phase de déprime incommodante. J’ai mis du temps pour trouver mon équilibre et éviter la phase de déprime. Je peux ainsi y passer vingt-trois heures sans souffrir ensuite de déprime.

Au-delà de l’odeur, qui soit dit en passant est insupportable pour les Cassiopéens, le tableau est magnifique! Le sable est impeccablement blanc, nettoyé par des hordes de crabes minuscules qui s’évertuent à manger tous les déchets organiques drainés par l’eau ou par le vent. Pour atteindre le lac, il faut prendre la voie du sud car il est encastré dans un cirque où montagnes et falaises se dressent telles des frontières naturelles. L’eau est douce et la température reste toujours la même: 25°C. Peu importe les saisons! Un climat local maintient l’ensemble de la région à température idéale. Cela est dû aux rivières de sources chaudes qui circulent dans les sous-sols de cette région. Elle a d’ailleurs longtemps été un lieu sacré jusqu’à ce que des scientifiques de la planète Rebirn leur explique comment fonctionne tout cet écosystème. Après de nombreuses délibérations partout sur la planète, le couple Tendrebrâ et Courtic (114 enfants) eurent la responsabilité d’une telle décision: déterminer si oui ou non ce lieu devait rester sacré. Les Rebirniens avaient de bons arguments avec eux: images satellites, magnétiques, infrarouges, ils avaient pu analyser tous les sous-sols de toute la planète sans y poser les pieds. Et s’ils avaient raison sur les zones non profanes, il n’y avait pas de raison que ce fut différent pour les régions sacrées.

Une expédition fut alors montée et les scientifiques rebirniens revinrent triomphants au bout de deux mois. Ils ne furent pas touchés par les mêmes sensations que les humains et moururent tous d’atroces cancers six mois plus tard. Une nouvelle expédition scientifique, cette fois des Cassiopéens, expliqua que cet endroit puait tristement la mort, mais n’avait rien de sacré (en accord avec les résultats des Rebirniens), et que les particules rejetées par l’eau n’avaient pas les mêmes effets selon les races. Des recherches très poussées montrèrent que certaines races étaient totalement immunisées aux maladies, mais pas aux odeurs. Seuls les humains n’y souffrent ni des maladies, ni des odeurs! Et comme rares sont les humains à avoir le droit de se promener où bon leur semble, le lac Athabasco est souvent désert, seulement fréquenté par ses habitants habituels, lézards, insectes, poissons et quelques mammifères pas plus grands que des rongeurs.

J’ai beau observer les Cassiopéens, les fréquenter souvent, je ne vois guère de différence entre eux! Quelques-uns ont des épidermes un peu plus sombres avec l’âge mais ce n’est pas une vérité absolue, et il n’y a rien qui différencie mâles et femelles, sinon une odeur typique m’a t-on expliqué, odeur indécelable par les nez humains.

Leur épiderme est bleu-vert, et est marqué par des pores aussi larges qu’un de nos doigts. Ces pores s’ouvrent et se ferment, soit pour respirer, soit pour rejeter transpirations ou autres muqueuses. Leurs têtes possèdent deux petites cornes qui n’ont aujourd’hui plus aucune utilité. Depuis que la planète est totalement pacifiée, les cornes n’ont cessé de rapetisser. Des représentations d’anciennes guerres montrent combien les cornes étaient imposantes et jouaient certainement un rôle dans l’organisation sociale.

Leur visage possède deux yeux assez proches des nôtres en terme de perceptions des couleurs. A priori, ils auraient une gamme de couleurs pour le vert plus large que la notre. Cela leur permet de distinguer la qualité de la nourriture.

Ils ont une alimentation exclusivement végétarienne, à base de feuilles (comme les salades), de racines, de légumes et de fruits. Promenez-vous dans une forêt, et vous trouverez de quoi vous sustenter sans aucun problème. Toutes les feuilles des arbres et arbustes sont comestibles, mais toutes ne sont hélas pas très gouteuses. L’équilibre naturel de la végétation de cette planète est fascinant. Il n’y a que des herbivores, mais jamais une espèce ne prend le dessus sur une autre, ou jamais une forêt est surexploitée par ce qui ressemble à des cervidés sans cornes. Il semblerait que les populations d’animaux s’autolimitent, et il n’est pas rare de pouvoir les approcher et de les caresser. Si un jour vous tombez sur ursifaure, cela risque de vous faire bizarre! C’est un animal qui ressemble beaucoup à nos ours polaires, mais en un peu plus grand! Il a de grandes griffes qui lui servent à creuser dans la terre ou à monter dans les arbres où se trouvent leur nourriture (racines ou fruits). Et quand vous en croisez un avec ses longs poils blancs, votre cœur se met à battre puissamment, et il vous regarde étrangement et il se met à bailler et montre la dentition d’un herbivore avec ses molaires et l’absence de canines.

Comme je le disais, la faune de Cassiopée réussit de façon naturelle à réguler sa population. En revanche, les Cassiopéens ont eux beaucoup d’enfants. Il n’y a pourtant pas de surpopulation. D’abord, parce que beaucoup d’enfants meurent. Plus vous avez d’enfants, plus vous en perdez. Les malformations sont courantes, le corps de la mère ne peut pas développer tous les œufs de façon équitable, alors certains œufs sont privilégiés. La durée de vie des Cassiopéens est d’environ 20 ans! Mais certains vivent près de 200 ans! Au final, la population se stabilise.

La mort fait partie de leur culture. Les enterrements sont sommaires, un trou est creusé, n’importe où, et le corps y est déposé. Il servira à nourrir la terre.

Les Cassiopéens n’ont pas peur de mourir. C’est certainement pour cela qu’ils ne croient en aucun Dieu. Ils croient au vivant. Quand on leur explique que sur Terre des gens imaginent et croient profondément à une force supérieure qui régit l’univers, ils te regardent d’un air inquiet, comme si tu étais fou.

Le serveur arrive enfin avec mon plat. Il est tout souriant, enfin, aussi souriant qu’un Cassiopéen peut l’être. Leurs visages sont guères expressifs, presque figés, surtout autour des quelques pores qui jalonnent leurs visages (de huit à douze pores). Leurs bouches forment un o pour exprimer la joie, et plus le o est circulaire, plus ils sont contents. Le serveur a une bouche ovale, c’est un sourire de respect, rien d’hypocrite, il est ravi de me servir, il commence à me connaître, et il aime bien quand je lui parle des autres planètes. Les Cassiopéens ne quittent jamais Alpha Cassiopée, ils y sont physiquement liés. Ils ne mourraient pas s’ils partaient, sinon de chagrin. Les quelques Cassiopéens qui ont essayé sont tombés dans une dépression radicale qui fut soignée dès qu’ils furent en contact avec la terre de leur planète.

Ils ont le sang froid mais aiment manger chaud. C’est leur petit plaisir, surtout les ragoûts de légumes et de racines. C’est ce qu’on me sert à l’instant, on me souhaite bon appétit, je réponds merci et me jette sur mon plat préféré. Le goût est délicieux. Il a fallu d’abord laisser mijoter pendant quarante-huit heures ce qui ressemble à des radis à la chaire rose longs comme des concombres. La racine se désagrège ce qui forme une crème rose dans laquelle on va faire cuire les autres légumes tout en aromatisant avec des herbes. C’est incroyablement délicieux!

Je regarde le serveur repartir sur ses courtes jambes, ses mains trainant presque par terre. Ils ont une drôle d’allure, mais à leurs contacts je me sens bien, presque à ma place.

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